mercredi 2 mars 2050

La maquette urbaine interactive de Champs-sur-Marne

Construite par des chercheurs et des artistes, la maquette urbaine interactive de Champs-sur-Marne est un dispositif physique et numérique. Elle contient des maquettes physiques de bâtiments, des données géographiques, des images aériennes, mais aussi des sons, des entretiens réalisés avec des habitants, des photographies, des vidéos, de la littérature, des déchets collectés sur le territoire... toutes sortes de données qui renouvellent l'approche sensible d'un territoire, pour questionner les rapports à l'espace et la problématique de l'ancrage.

vendredi 19 avril 2019

Ville Témoin (4)

Benjamin Bondonneau, Kristof Guez et Raphaël Saint-Remy ont réalisé une série appelée "Ville Témoin" de textes, miniatures sonores, photos et vidéos à partir du matériau collecté pour la maquette urbaine, ramifications oniriques à partir des paroles d'habitants du territoire.

lundi 15 avril 2019

Résidence les 10 et 11 avril à la Centrif'

Une partie de l'équipe du projet était en résidence à la Centrif', tiers-lieu de la Cité Descartes, pour travailler sur un projet de spectacle mêlant musique, danse et littérature autour de la maquette.

Photo du fil twitter de la Centrif' (@LaCentrif) 

Ces deux journées de travail ont associé Benjamin Bondonneau, Raphaël Saint-Remy et Olivier Bonin, partenaires réguliers du projet, auxquels se sont joints Émmanuelle Pépin (danseuse), Michel Mathieu (comédien) et Géraldine Keller (chant et flûte).

Le spectacle utilise le matériau riche et divers engrangé dans la maquette autour de trois lieux typiques du territoire: les bois, les étangs et la route, et de trois "avatars", qui joueront un rôle dans des courts-métrages à venir.


Photo du fil twitter de la Centrif' (@LaCentrif) 

mercredi 10 avril 2019

Midi Maquette du 15/04/19 : Marcher et faire du vélo à Champs-sur-Marne

Des élèves ingénieur en première année de l'école des Ponts ont réalisé une enquête de terrain pour analyser le potentiel cycliste et piéton de la Cité Descartes et d'une partie de la ville de Champs-sur-Marne.

Ils présenteront leur travail, où enquêtes et relevés de terrain dialoguent avec photographies et textes littéraires.


jeudi 4 avril 2019

Ville Témoin (3)

Benjamin Bondonneau, Kristof Guez et Raphaël Saint-Remy ont réalisé une série appelée "Ville Témoin" de textes, miniatures sonores, photos et vidéos à partir du matériau collecté pour la maquette urbaine, ramifications oniriques à partir des paroles d'habitants du territoire.

Champs-sur-Marne interprété par Benjamin Bondonneau (4)

Benjamin Bondonneau nous propose des miniatures sonores, où sons captés sur place et musique se répondent.


Contrechamps par Raphaël Saint-Remy (4)

Raphaël Saint-Remy a écrit des textes comme prolongements, extensions des entretiens qu'il a mené avec des personnes rencontrées sur le terrain.



R67-4) En pénétrant dans cette maison
            (D’après : « Une maison pour tous ». Maison, foule, morts et vivants)

En pénétrant dans cette maison, je suis loin d’en soupçonner les dimensions réelles, de même que la foule innombrable qui s’y presse. Mais à peine entré il me faut jouer des coudes pour me frayer un passage parmi de véritables grappes humaines qui par vagues viennent s’opposer à ma progression, certaines fébrilement affairées et me repoussant sans ménagement, d’autres au contraire quasi prostrées, mais qui par leur immobilité même et l’espace qu’elles occupent ne me ralentissent pas moins. 
Cette progression est d’autant plus éprouvante pour moi que le motif de ma venue me demeure inconnu, et que c’est autant après lui que je cours qu’après la réponse qu’on pourrait éventuellement lui apporter. Sans but précis autre que celui d’avancer, je passe d’un couloir à l’autre, d’une pièce à l’autre, me heurtant sans cesse à la même adversité d’autant plus difficile à contrer que l’attention que me portent ces êtres est quasi nulle, comme si j’étais à leurs yeux absolument sans épaisseur, transparent. 
Je finis pourtant par croiser, dans un des nombreux escaliers, un homme seul, qui montre un visage un peu moins fermé que les autres. À ma demande de savoir où se trouve le bureau d’enregistrement des nouveaux arrivants (car dans mon esprit, il est clair que je dois avant toute chose signaler ma présence aux autorités du lieu), il m’interroge : « Morts ou vivants ? ». Devant ma surprise et mon incompréhension, il m’explique (bien que perpétuellement interrompu par ceux qui ne cessent de se presser dans l’escalier) qu’ici vivants et morts sont mélangés, de même que tous les services les concernants, et qu’il me faut bien savoir à laquelle des deux catégories j’appartiens avant de me lancer dans la recherche d’un quelconque bureau. Emporté par une nouvelle vague, il ne peut pousser plus loin son explication, et je reprends ma recherche à travers les étages. 
Je le revois plus tard au détour d’un couloir. Rieur, il me demande : « Vous êtes-vous décidé ? » Mais je ne peux lui répondre (sans doute l’a-t-il d’ailleurs deviné). Non seulement je ne suis pas certain de savoir auquel des deux groupes (celui des vivants ou celui des morts) j’appartiens, mais il m’apparaît de toute façon impossible, vu ma fébrilité, de déciderquoi que ce soit. 
Et la foule à nouveau m’entraîne.


vendredi 22 mars 2019

Ville Témoin (2)

Benjamin Bondonneau, Kristof Guez et Raphaël Saint-Remy ont réalisé une série appelée "Ville Témoin" de textes, miniatures sonores, photos et vidéos à partir du matériau collecté pour la maquette urbaine, ramifications oniriques à partir des paroles d'habitants du territoire.

Champs-sur-Marne interprété par Benjamin Bondonneau (3)

Benjamin Bondonneau nous propose des miniatures sonores, où sons captés sur place et musique se répondent.


Contrechamps par Raphaël Saint-Remy (3)

Raphaël Saint-Remy a écrit des textes comme prolongements, extensions des entretiens qu'il a mené avec des personnes rencontrées sur le terrain.



R67-3)

             (D’après : « Visages ».Visages, houle, langage)

Lorsque je pénètre dans la maison, la nuit est en train de tomber. Je ne connais pas cet endroit, ni les gens qui m’accueillent (quelqu’un m’a au dehors vaguement indiqué les lieux, et c’est à tout hasard que j’ai frappé à la porte, prêt à aller tenter ma chance ailleurs si ma démarche n’aboutissait pas). À présent je suis assis avec mes hôtes dans ce qui semble être la pièce principale de leur demeure, peut-être même leur unique espace de vie. 
Les visages qui me font face demeurent impassible, et ne réagissent d’aucune manière aux paroles que dans un premier temps je bafouille. C’est peu à peu seulement, à mesure que mon discours chaotique, n’apportant aucun résultat, s’apaise, que je perçois en eux des signes de vie qui peut-être, c’est du moins ce dont je veux me persuader, sont la façon propre à mes hôtes d’exprimer leurs sentiments en tout cas d’exprimer quelque chose
Sous la peau presque transparente des visages, je distingue en effet (d’abord de manière fugace, mais ensuite de façon toujours plus nette et durable) des sortes de mouvements liquides, qui telle une houle plus ou moins ample parfois gagnent la hauteur des yeux ou du front, parfois demeurent à la base de la tête et ne dépassent qu’à peine la pointe du menton. Comme le ferait un liquide contenu dans une cuve transparente, cette substance (violacée, mais qui j’en ai la conviction n’est pas du sang) vient cogner contre la fine paroi des têtes, dessinant autant de vagues comme vues en coupe, et qui selon toute vraisemblance constituent l’unique langage de ces êtres.
Je m’aperçois d’ailleurs que malgré les fluctuations d’intensités qui se laissent voir, c’est sans doute la même large houle qui se propage dans les différents visages. Du reste, il me semble moi-même devenir tout à coup sensible à ce mouvement général, et sentir monter en moi quelque chose de diffus, qu’aussitôt je rapproche du phénomène observé chez mes hôtes. Oui, quelque chose en moi s’exprime (ou simplement se laisse voir), sans que j’aie à en travailler ou contrôler l’apparence. Et le léger sourire que je vois soudain se dessiner sur toutes les lèvres (mais peut-être ne s’agit-il pas d’un sourire) ne peut que confirmer que nous nous sommes compris du moins que nous partageons à présent les moyens de nous comprendre. À moins que ce léger mouvement ne soit qu’une façon pour eux de me dire combien parcellaire est ma compréhension, combien nombreuses sont les découvertes qu’il me reste à faire, et qu’en réalité, malgré l’émotion qui semble s’emparer de moi, je n’en suis pour le moment qu’aux balbutiements de la pratique de ce langage langage que je ne pourrai faire mien qu’à force de patience, et pour autant qu’ils acceptent de m’en dévoiler tous les secrets.